samedi 11 juillet 2009

Mouvement Zeitgeist (2)

Guide d'orientation activiste



Définitions des termes employés :

Le terme "économie" est généralement défini comme "la science sociale qui étudie la production, la distribution, et la consommation des biens et des services". Au début du 21ème siècle, le mécanisme prédominant de la quasi-totalité des économies du monde est une forme de système monétaire. Un système monétaire utilise un moyen d'échange intermédiaire, que l'on appelle "l'argent", comme un moyen pour faciliter l'emploi, la production, la distribution et la consommation des biens et des services. L'utilisation de ce moyen d'échange monétaire, en tant que base pour un système économique, peut être appelé : "économie monétaire".

Bien que pratiquement aucun pays sur la planète n'utilise autre chose que la théorie de l'économie monétaire pour le fonctionnement de son pays, certaines variations sont en réalité présentes. De manière générale, ces variations affectent le degré auquel le système est contrôlé par le gouvernement d'un pays. L'actuelle 'échelle mobile', passant de plus de réglementation à moins de réglementation, commence en général avec le "communisme*" (contrôle maximum de l'état), passe par le socialisme (contrôle partiel de l'état), et finit avec le capitalisme (contrôle faible ou inexistant de l'état). Ces variations de l'application de l'économie peuvent être appelées "systèmes sociaux".
* Le communisme est ici référencé dans sa forme historiquement appliquée, et non pas les formes idéalisées qui préconisent la disparition de l'argent.

Le système social prédominant dans le monde d'aujourd'hui est le capitalisme. Le capitalisme, qui est souvent placé sous l'égide d'un autre concept théorique connu sous le nom d'"économie de marché", se définit comme suit : "un système économique dans lequel les moyens de production appartiennent à des personnes privées, sont exploités pour le profit, et où les investissements, la distribution, les revenus, la production et la détermination des prix des biens et des services sont principalement déterminés par l'application d'une 'économie de marché'".

Une "économie de marché" est essentiellement une orientation non régulée du commerce où "les prix des biens et des services sont convenus entièrement par le consentement mutuel des vendeurs et des acheteurs ; en conséquence, les forces de l'offre et de la demande du marché déterminent les prix et les disponibilités des marchandises, sans intervention du gouvernement". La notion d'"économie de marché" possède différentes interprétations et écoles de pensée. Par exemple, l'une des idéologies les plus extrêmes, et pourtant actuellement utilisée, est l'"école autrichienne", qui tolère la notion de "laissez-faire" qui signifie littéralement que l'état n'intervient jamais sur les problèmes économiques. Dans cette perspective, "l'aide sociale" et les autres programmes 'sociaux' financés par l'état seraient considérés comme inappropriés*.

*L'évolution, l'application et l'interprétation de l'économie présentent tellement de matière à débats que ceux-ci restent sans conclusion. Ce manuel n'a pas pour objectif de présenter un traité sur l'ensemble de l'économie. En fait, une base partielle de ce manuel a pour objectif de montrer comment, par le biais de l'avancée technologique et de l'élimination de la rareté, 99% de l'ensemble de la théorie économique est désormais une pratique archaïque et non pertinente.

Maintenant, en mettant la terminologie de côté, un attribut très pertinent de l'économie monétaire est la "théorie de la valeur". Le niveau de la 'valeur' d'un produit ou d'un service dépend essentiellement de deux facteurs* :
1) La rareté (disponibilité) des matériaux utilisés ;
2) La quantité de main d'œuvre nécessaire pour produire un produit ou un service.
* Il existe également des formes encore plus subjectives de la valeur qui sont spécifiques à la démographie, où certaines "marques" créent les prix (valeur projetée) non pas par rapport à la main d'œuvre nécessaire ou à la valeur des matériaux, mais par rapport à l'"identité de prestige" de l'objet lui-même, tel que perçu par la culture du consommateur. C'est une forme de "valeur économique" moins pertinente et nous en reparlerons dans la section intitulée "La distorsion des valeurs", plus tard dans le chapitre. De plus, les valeurs des instruments financiers, telles que les émissions échangées sur [le marché des valeurs] [la Bourse] sont aussi non pertinentes, et d'eux-mêmes, lorsqu'il s'agit de la production et de la distribution réelle.

Par exemple :
Imaginez la quantité de temps et d'effort qu'il fallait pour créer une simple chemise avant l'avènement de l'électricité et de la technologie industrielle avancée. Le processus global nécessitait de : préparer le sol, planter les graines de coton, superviser la période de croissance, récolter le coton, effiler la graine, [tourner] [transformer] le coton en filament, [l'entrelacer dans le tissu] [le tisser] et donner au tissu la forme d'une chemise.

Étant donné le scénario précédant, et en considérant simplement la quantité de main d'œuvre requise, la valeur de cette chemise serait relativement élevée et probablement vendue à un prix correspondant à l'ampleur du travail. La valeur de la graine de coton (composante matérielle) serait négligeable car elle est produite comme un sous-produit de la récolte précédente, rendant sa valeur de rareté très faible. Par conséquent, la véritable valeur de cette chemise provient de la quantité de main d'œuvre impliquée.

Maintenant, hypothétiquement parlant, que se passerait-il si ce processus de production ne nécessitait aucune main d'œuvre du tout, tandis que la graine de coton, l'eau, le soleil et le sol conserveraient leur abondance naturelle ? Quelle serait alors la valeur de cette chemise ? De toute évidence, elle n'aurait aucune valeur du tout.

Au début du 21ème siècle, les machines industrielles ont remplacé la main d'œuvre dans les activités de plantation et de récolte des produits agricoles, ayant pour conséquence qu'un seul fermier peux désormais exploiter plus de 500 hectares de terrain à lui tout seul. L'avènement des machines à tisser, tel que l'égreneuse de coton, a considérablement réduit l'effort humain, tandis qu'avec l'utilisation moderne de l'informatisation industrielle, nous voyons un rapprochement de l'automatisation quasi-complète des industries textiles et agricoles, parmi tant d'autres.
Le fait est que la condition de "valeur économique", en tant que notion économique apparemment statique, est désormais en train d'être [dépassée] [modernisée] par cette influence technologique (augmentant la facilité de production et l'abondance matérielle), qui pourrait, théoriquement, éliminer complètement la notion de 'valeur'.

Lorsque le travail réalisé par l'homme est réduit/remplacé par la technologie et l'automatisation, la présumée 'valeur', qui consiste à assimiler le 'travail' à un 'prix', diminue respectivement. La 'valeur' de la production passerait alors à celle de la création/maintenance des machines, qui remplissent désormais le rôle des travailleurs. Par conséquent, plus ces machines travailleuses sont efficaces, résistantes et durables, plus la 'valeur' de la production diminue.

La conclusion est que le modèle d'automatisation des machines, associé avec les innovations modernes qui permettent de substituer les ressources "rares", pourrait nous amener à une position où aucun bien ou service ne nécessiterait une "valeur" ou une étiquette de prix. Cela n'aurait simplement aucun sens théorique.
Pour la plupart, c'est quelque chose de très difficile à envisager, en raison de ce que nous sommes habitués à vivre dans notre vie quotidienne.

Quel que soit votre avis, le fait est que, le modèle d'amélioration technologique constante couplé avec la machinerie automatisée peut théoriquement créer un environnement économique où les matériaux sont abondants et où les moyens de production sont de tellement haut niveau et d'une efficacité telle que la majorité des humains n'auront que très peu besoin 'd'acheter' quoi que ce soit, encore moins de 'travailler pour vivre', au sens traditionnel du terme. Plus précisément, même si les machines ne remplacent lentement qu'une importante minorité de personnes, augmentant le taux de chômage, les ramifications seraient systémiques, et tout le système économique deviendra de plus en plus instable et inutilisable. Cette question sera développée dans les chapitres 2 et 5.

Mettons ce point de côté pour le moment et examinons quelques mécanismes empiriques que l'économie monétaire, en particulier dans le contexte du capitalisme, exige pour préserver l'intégrité du système. Dans les sections restantes de ce chapitre, nous discuterons des 5 attributs les plus fondamentaux requis pour maintenir le système, les raisonnements liés à ces attributs et leurs conséquences.

Source : Traduction française du Guide d'orientation activiste du mouvement Zeitgeist

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